| | | To be or not to be ... | Lun 7 Avr - 16:21 par Anonymous | Zazie a écrit dans le sujet "Qu'est-ce que le spiritualité?" :
| Citation: | Mais parler de la spiritualité c'est, par conséquent, parler également de la Mort. Voir la Nuit 4. Or, l'un des sujets essentiel des Textes de 1974 et de 1977, c'est LA MORT, et la manière de la vaincre.
Donc, le terme spiritualité nous conduit clairement vers deux aspects de la vie qui sont "hors monde" : l'âme et la mort. L'âme, par son immatérialité est à la frontière des deux mondes, mais est niée dans une société matérialiste telle que nous la connaissons et dans laquelle la mort n'y est reconnue que dans son aspect physico-matériel : la disparition d'un individu, et avec lui, la disparition de son intelligence, de son "esprit".
Voilà quelques réflexions livrées pour approfondir le débat. |
Elle n'est pas la première a reconnaître le sujet important, "vital", mais force est de constater qu'il n'est guère abordé et souvent tu, pour ne pas dire "tabou" dans notre monde contemporain qui l'objétise "dans son aspect physico-matériel" comme elle dit.
Je saisis donc au vol son invitation à y réfléchir, en ouvrant ce nouveau fil de discussion, sans trop savoir par quel bout le prendre. J'espère que les idées nous viendront un peu à la fois sans que nous nous pressions.
Le sujet est neuf, inhabituel, la larve n'est pas l'abeille. Cette entreprise étant noble, aventurière, je ne doute pas que nous puissions la mener à terme, la mort nous refuserait-elle cette petite politesse ?

2 petites idées qui me passent à l'instant par l'esprit:
La mort peut être conseillère, au moins pour nous inciter à ne pas "dilapider" notre temps, notre chance.
HAMLET. - Etre, ou ne pas être, c'est là la question. Y a-t-il plus de noblesse d'âme à subir la fronde et les flèches de la fortune outrageante, ou bien à s'armer contre une mer de douleurs et à l'arrêter par une révolte ?. Mourir... dormir, rien de plus ;... et dire que par ce sommeil nous mettons fin aux maux du coeur et aux mille tortures naturelles qui sont le legs de la chair : c'est là un dénouement qu'on doit souhaiter avec ferveur. Mourir... dormir, dormir ! peut-être rêver !
Oui, là est l'embarras. Car quels rêves peut-il nous venir dans ce sommeil de la mort, quand nous sommes débarrassés de l'étreinte de cette vie ?. Voilà qui doit nous arrêter. C'est cette réflexion-là qui nous vaut la calamité d'une si longue existence.
Qui, en effet, voudrait supporter les flagellations, et les dédains du monde, l'injure de l'oppresseur, l'humiliation de la pauvreté, les angoisses de l'amour méprisé, les lenteurs de la loi, l'insolence du pouvoir, et les rebuffades que le mérite résigné reçoit d'hommes indignes, s'il pouvait en être quitte avec un simple poinçon ?.
Qui voudrait porter ces fardeaux, grogner et suer sous une vie accablante, si la crainte de quelque chose après la mort, de cette région inexplorée, d'où nul voyageur ne revient, ne troublait la volonté, et ne nous faisait supporter les maux que nous avons par peur de nous lancer dans ceux que nous ne connaissons pas ?.
Ainsi la conscience fait de nous tous des lâches ; ainsi les couleurs natives de la résolution blêmissent sous les pâles reflets de la pensée ; ainsi les entreprises les plus énergiques et les plus importantes se détournent de leur cours, à cette idée, et perdent le nom d'action...
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