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 L'économie vue par les Pélerins d'Arès

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yve



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Date d'inscription : 14/02/2008

MessageSujet: L'économie vue par les Pélerins d'Arès   Sam 3 Nov - 9:25

L'économie vue par les Pélerins d'Arès
tirée de l'entrée 135 (LE CANCER POLITIQUE)

26oct12 135C83
Je ne partage pas votre dureté pour la politique. Elle est beaucoup plus finaude que vous dites.
Les gouvernements, boostés par François Mitterrand, ont eu raison de maintenir les avantage acquis des travailleurs et alimenter les caisses par des emprunts. Je crois pour ma part; comme le croit le peuple grec qui manifeste pour ça dans les rues, qu'il n'y aura jamais à rembourser et que le remboursement se fera seulement par un effacement des dettes publiques et une remise à zéro et tant pis pour ceux qui auront prêté. Je ne m'en fais pas pour les banques qui savent de très belles pirouettes.
Et non seulement les prêteurs seront frustrés mais on continuera d'emprunter ensuite... Vous verrez. Il y a toujours un perdant dans une guerre économique comme dans une guerre à coups de canon, sauf que ça ne fait pas de morts.
De même je dis que c'est la presse, à laquelle il faut toujours du sang, des saloperies, des ruines, qui entretient un climat pessimiste. Je ne suis pas du tout d'accord avec la vision pessimiste; croissance zéro ou tout comme, qui est affichée en ce moment. Vous allez voir que tout va repartir.
Je ne suis pas optimiste. Je trouve que c'est la raison même.
Marie-Antoinette en Île de France


Réponse de Michel potay :

Votre scénario on-efface-tout-et-on-recommance n'est pas à écarter des probabilités. Tout le monde y pense plus ou moins. C'est en effet ce que réclame tout bonnement le peuple grec dans les rues d'Athènes et on peut comprendre les Gracs: Il va leur falloir trente ans pour rembourser leur dette publique pharamineuse.
Concernant la France, il faudrait quand même avoir sous les yeux le détail des prêts et des prêteurs pour savoir si ce scénario est envisageable. Je pense que le scénario on-efface-tout-et-on-recommance est difficilement concevable dans le cadre de l'Europe et de l'Euro, mais si certains pays reprenaient leur indépendance totale et leurs monnaies... C'est quand même très difficile dans un monde qui est devenu une communauté d'échanges entre les nations, car qui dit échanges dit règles. Les règles sont nécessaires pour le monde comme pour le marché aux bestiaux de Bazas.
Mais si les choses se passaient comme vous les envisagez, cela ne changerait au rien, bien au contraire, ma mauvaise opinion de la politique et ferait des politiciens des gens plus cyniques, plus indignes de confiance encore. Je ne crois pas qu'on puisse construire un monde bon et heureux sur de tels principes.
Concernant la situation bancaire et industrielles en France, je ne partage pas vraiment votre optimisme. Voici la dernière notation de l'agence Standard & Poor's, qui vient d'abaisser les notes de trois banques françaises (Copier-coller):

L'agence de notation Standard & Poor's a dégradé la note de trois banques françaises dont BNP Paribas (de «AA-» à «A+») et Cofidis de («A-» à «BBB+»). Neuf autres banques ont vu leur note inchangée mais leur perspective passer à négative, dont BPCE, Crédit agricole, Crédit foncier, Crédit mutuel, La Banque Postale et Société générale.
Globalement, précise l'agence, le secteur bancaire français reste dans le groupe 2 de ses évaluations de l'ensemble des banques du monde (sur 10 groupes, le groupe 1 étant le plus fort). Toutefois, S&P estime que le «risque économique» sous lequel les banques françaises opèrent s'est accru, «laissant ces dernières plus exposées à une récession potentiellement plus forte en eurozone».
Selon l'agence, la France n'est plus dans une phase «d'expansion économique», ce qui devrait entraîner une stabilisation du volume des prêts et une croissance économique «proche de zéro» en 2013 et 2014. De plus, elle considère que le marché de l'immobilier est entré en «phase de correction», mais de manière «limitée». Certes, S&P prévoit une baisse des prix de l'immobilier de 10 à 15% sur les deux trois prochaines années, mais elle juge que «l'impact sur les banques et sur l'économie en général devrait être relativement limité». En effet, les critères de souscription des banques restent «relativement conservateurs», selon l'agence.
Au détour de son communiqué, on peut lire cette phrase lourde de sous-entendus: "Nous continuons à juger l'économie française globalement stable mais sa résistance aux chocs extérieurs s'est réduite». Ainsi, l'agence rappelle que le pays doit supporter «le fardeau d'une dette publique élevée». La crise de la zone euro continue également d'aggraver les chiffres du chômage et de réduire la compétitivité de l'Hexagone, indique-t-elle. Par conséquent, «ce contexte économique exercera une pression sur la croissance des recettes des banques françaises en 2012-2013."

Tout cela est un peu trop technique, c'est vrai. Disons cependant que ce rapport ne nous porte pas au catastrophisme — et tant mieux — mais pas davantage à l'optimisme et, dans son ensemble, il est plutôt négatif. La reprise de croissance n'est pas pour demain.


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yve



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Date d'inscription : 14/02/2008

MessageSujet: Re: L'économie vue par les Pélerins d'Arès   Sam 3 Nov - 9:27



suite

30oct12 135C86
J'ai toujours pensé que je ne comprenais pas grand chose au système financier.
Les informations collectées ces dernières années et le coup de pouce de cette entrée 135 me donne l'impression d'en avoir compris quelques gros travers et même de croire que je pourrais les expliquer.
Je profite de votre invitation à la danse [réponse 135C46] et je vous propose un grand tour de piste.
Au programme valse et swing.
Ça y est, la musique commence. Une petite valse de mise en jambe. Le thème: L'argent, la dette.
Pour comprendre la dette et la crise, il est important d'avoir quelques notions simples du système monétaire.
L'argent est divisé en deux grandes catégories. La monnaie fiduciaire, c'est l'argent sonnant et trébuchant : les pièces, les billets et l'or. Et la monnaie scripturale, c'est celle dont les mouvements se font par lettre de change, chèques, cartes bancaire, vivement, etc.
La monnaie scripturale existe depuis le XVIIe siècle uand les orfèvres, à qui on confiait les trésors en or, émettaient des lettres de changes équivalentes au trésors confiés rémunérant le préteur du bien avec un intérêt. Voyant [que l'or] restait souvent dans les coffres, les orfèvres augmentèrent le montant des lettres de changes et créèrent ainsi le système bancaire. De ce fait, le montant de la monnaie scripturale est devenu supérieur aux réserves en or dans les coffres.
Dans les temps modernes, et jusqu'en 1973, il y avait deux manières de créer de l'argent. L'État pouvait créer de la monnaie fiduciaire par sa banque centrale. Il veillait alors aux deux phénomènes : la dévaluation (lorsqu'un pays achète plus de bien qu'il n'en vend aux autres pays) et l'inflation (lorsque la masse monétaire croit plus vite que l'économie réelle). Deuxième manière, les banques commerciales créent la monnaie fiduciaire chaque fois qu'une dette est contractée.
En 1973, l'État français s'interdit la création de la monnaie scripturale par sa banque centrale et s'oblige donc à financer ses besoins par des emprunts auprès des banques commerciales, avec intérêt. Cette mesure sera ensuite reprise par le traité de Maastricht puis par le traité de Lisbonne.
À retenir : Ce système fait des banques le principal acteur de la création monétaire.
La création monétaire n'est possible que par un nouvel endettement.
Les réserves fiduciaires des banques sont aujourd'hui environ de 15 % (soit 1 pour 6).
L'État finance donc ces projets hors budget par des emprunts donc aux banques commerciales. Les intérêts versés depuis 1973 au système bancaire sont à peu près du même niveau que le niveau de la dette publique totale : environ 1.500 milliards d'euros.
Vous trouverez plus d'informations sur ce thème dans une courte vidéo de 14 minutes intitulé "Comprendre la dette publique" et dont le lien est http://lespoir.jimdo.com/vidéos/
Quelques chiffres des prévisions 2012 (source "Le Monde" du 23/12/11) :
Les recettes du budget de l'état : 230 milliards €.
Les dépenses (prévues) : 345 milliards €. Soit un déficit (prévu) de 115 milliards € (50% des recettes)
Le montant des intérêts (prévus) pour 2012 : 48,8 milliards € (autre source que le monde, les échos me semble-t-il, j'ai perdu la page).
Ma principale question à ce stade est: Pourquoi a-t-on choisi de confier le financement des besoins de l'État aux banques commerciales en 1973, alors que de générer de l'argent fiduciaire par la banque centrale n'aurait couté aucun intérêt ? Je ne comprends pas le bon sens qu'il y a à cette mesure.

La valse continue, nous changeons de sens. Accrochez-vous et attention au tournis. Le thème de cette danse: Dérégulation et cupidité (notre cancer).
Je relève ici quelques idées clé du film "Inside job"..
La dérégulation du système bancaire consiste à faire sauter les garde-fous qui permettaient de rester dans une bonne gestion.
Un exemple de dérégulation est l'Islande. En 2000, ce pays est, dit-on, un pays presque idéal: Faible taux de chômage, industrie prospère, bon système éducatif, peu de délinquance, beaux paysages, indice de bien-être de la population dans les plus élevés. En 2000, le gouvernement et les 3 (petites) banques nationales de l'Islande lancent un gigantesque plan d'investissement et empruntent 120 milliards de dollars, 10 fois la production annuelle du pays. Avec cet argent, ils s'engagent dans de gigantesques projets industriels et commerciaux. Les porteurs de projets et leurs amis s'enrichissent à la "démesure" avec cette manne. Mais la gestion n'est pas raisonnée. En 2008, le bilan économique de l'Islande est désastreux: triplement du chômage en 6 mois, un très grand nombre d'Islandais ont définitivement perdu les économies de toute leur vie, le pays est en faillite.
À Wall Street, la dérégulation se passe différemment. Les financiers prennent le pouvoir et demande de passer le taux de réserve fractionnaire à 15 (capacité de générer un volume d'argent scripturale 15 fois supérieur aux réserves fiduciaires de la banque). Peu à peu, en s'alliant avec leurs assurances et les agences de notations (qui délivrent le fameux AAA) et évidemment le pouvoir en place, les banques font sauter toutes les limites et le taux de réserves fractionnaires de certaines va jusqu'à 33. L'avidité des grands princes du culte de la finance n'a plus de limite. Les traders [négociateurs, courtiers, agents en Bouse] des grandes banques sont gracieusement rémunérés à la commission sur les ventes (rémunération moyenne chez Goldman Sachs 600.000 dollars/an) et sont complètement dédouanés des risques de défaillance de leurs clients. Ce qu'ils vendent est nocif, ils le savent, mais ils s'enrichissent énormément. Leur consommation de fin de soirée de cocaïne et de prostituées sont pris en charge par leurs sociétés (fausses factures évidemment). Ils ruinent l'économie mondiale. Je croyais le temps des grands conquérants avides de pouvoir et dévastateurs révolu. Non, ce film m'en a montré quelqu'uns de notre époque.
La suite, c'est la crise de 2008 et 2009. Faillite de Lehman Brothers, renflouement de la companie d'assurance AIG, faillite et licenciement de part le monde…
Ce qu'il faut retenir, c'est que la politique et la finance se sont bel et bien alliées et ont construit un système basé sur l'endettement qui n'a plus aucun contrôle. Nul ne sait comment s'en sortir. La gesticulation du monde politique en témoigne.

Dernier tour de valse, nous changeons de sens. Le thème : Quelques pustules.
1. Voici une pustule mathématique. La création de l'argent se fait maintenant essentiellement de manière scripturale, par les dettes contractées (de particuliers, d'entreprises, ou d'états). Alors que le besoin de remboursement est le montant de la dette (le capital) augmenté du montant des intérêts. Le montant des intérêts n'est pas couvert par une création d'argent. Qu'est-ce que cela veut dire ? Mathématiquement, il n'y a pas assez d'argent pour rembourser les emprunts (capital + intérêt). Le scénario bancaire intègre à la base, qu'il y aura nécessairement des faillites. J'ai cherché la faille à ce raisonnement, je n'ai pas encore trouvé mais j'espère qu'elle existe. Si ce raisonnement est juste, alors je hurle au scandale !
2. Il y a une dizaine d'années, nous entendions par-ci par-là des informations sur le surendettement. Aujourd'hui, je n'en entends plus parler. Cela m'inquiète. D'autant plus qu'il y a de nombreuses grandes enseignes où il est facile d'ouvrir des lignes de crédit de 5000 à 8000€ en 30 minutes avec seulement quelques pièces justificatives, sans compter l'omniprésence des organismes de financement dans les pubs. Où en sommes-nous dans notre surendettement ? Combien de familles en font les frais aujourd'hui ? Je m'interroge. Il me semble bien que la aussi, ça pue. Ça pue la poudre qui fait tourner la tête. La frugalité commencerait peut-être par une première étape de désintoxication ?

Ça y est, la danse est finie. Soufflons un peu.
Pour conclure, je vais reprendre l'accroche missionnaire que j'expérimente depuis quelques semaines: "Nous avons de quoi rendre ce monde meilleur. Ça nous demande une analyse sur nous-mêmes et sur la société, mais avec courage nous pouvons rendre ce monde meilleur."
Qui sommes-nous ? L'homme, avec ses cinq dons [divins: parole, amour, individualité, créativité, liberté], perverti ou trompé par des habitudes mauvaises qui aspire à être heureux.
Quelques retours en arrière pour comprendre les issues possibles. Par l'exode que Moïse a conduit, le peuple hébreu a été extrait (presque de force) de l'esclavage des Égyptiens pour retrouver sa liberté. Par le Jihad conduit par Mouhamad, les croyants se sont protégés de ceux qui voulaient les anéantir. Nous avons maintenant à conduire le retour vers le Bien. La Révélation d'Arès est la nouvelle la table de la loi qui nourrit nos consciences et Mikal notre guide.
Reprenons la lutte pour la Vie !
Merci pour ce grand tour de piste.

Bruno du Val de Loire.

Réponse de Michel potay:
Ce commentaire est très long, mais il apprendra beaucoup de choses à ceux qui le liront attentivement.
Merci, mon frère Bruno.
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yve



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MessageSujet: Re: L'économie vue par les Pélerins d'Arès   Sam 3 Nov - 9:29

suite ...

31oct12 135C90
S’il m’est possible d’intervenir une dernière fois, j’aimerais le faire à propos de ce qu’on appelle l’économie d’entreprise — on pourrait dire à votre suite "la gestion compétente des entreprises" — et du rôle déterminant que jouent les entrepreneurs, grands ou petits, dans l’économie et la vie sociale, entendons par là, la création et la circulation de la richesse matérielle et humaine.
Qu’en est-il en France ? Selon les chiffres 2010 de l’INSEE, il y a presque 3.500.000 entreprises.
Sur les 3 422 242 entreprises, 987.093 ont moins de 10 salariés et 2.238.522 n’ont aucun salarié. Le chef d’entreprise est l’unique personne. Seules 480 entreprises ont plus de 2000 salariés.
Cela signifie que la plus grande part du chiffre d’affaire des entreprises françaises est réalisée par des artisans, des commerçants, des libéraux seuls ou par de petites et moyennes entreprises qui représentent "60% du PIB, 80% de la création d'emploi et 63% de l'emploi en France. Elles forment le poumon de l'économie française"(chiffres CJD).
En fait le poids des grands groupes est très relatif. Si les grands groupes s’écroulaient, l’économie subirait un choc, mais elle continuerait à fonctionner.
Pour autant, le gouvernement français n’a pas la même vision des choses, lorsqu’il s’agit de prendre en compte l’action de ces millions d’entrepreneurs. Voilà ce qu’en dit le président du Centre des Jeunes Dirigeants (CJD):

"Signe révélateur, ce monde des PME et des TPE est placé sous la tutelle d'un Secrétariat d’État qui doit aussi gérer le commerce, l'artisanat, les professions libérales, le tourisme, les services et la consommation alors qu'il y a un Ministère à part entière délégué à l'industrie et un autre au commerce extérieur, sous la houlette d'un grand Ministère de l’Économie, des Finances et de l'Industrie… Autrement dit, il y a un Ministère de l'Industrie dédié aux 8.000 grandes entreprises et ETI (entreprises de taille intermédiaire) et un Secrétariat d’État qui doit s'occuper de 3 millions de TPE et PME, de 60 millions de consommateurs, des touristes, des aides à domicile et de tout le reste de l'économie productive. Deux poids, deux mesures… Si les PME ne sont pas le seul acteur de l'économie, elles en sont aujourd'hui le moteur central et potentiellement le plus puissant. Encore faut-il qu'on ne les bride pas en permanence. Ce sont elles, en effet, qui contribuent le plus lourdement à l'impôt sur les sociétés et qui bénéficient le moins du crédit impôt recherche. Ce sont elles qui sont les moins endettées, mais qui ont l'accès le plus difficile au crédit bancaire. Ce sont elles, qui souffrent le plus de la crise actuelle, mais sont les moins aidées. Voudrait-on tuer la poule aux œufs d'or qu'on ne s'y prendrait pas mieux." (article de Yann Le Galès, Figaro blog, le 22 juillet 2011).

Je ne fais pas là du syndicalisme corporatiste, je constate simplement ce qui fait le tissus quotidien de la production et de la distribution des richesses de l’humanité, car ce qui est la réalité en France s’applique aux pays de l’OCDE et aux pays émergents (source : Revue de l'OCDE sur le développement). Ce n’est pas pour rien que les économistes des lumières, les "classiques" et leurs successeurs immédiats, les "néoclassiques" ont fondé leur modèle économique sur certaines caractéristiques du marché.
La théorie de la "concurrence pure et parfaite", modèle censé réunir selon eux les meilleures conditions de création et de répartition des richesses, implique cinq conditions fondamentales :
1. L’atomicité (le nombre d’acheteurs et de vendeurs est très grand et aucun agent ne peut influencer le marché d’une manière déterminante) ;
2. L’homogénéité des produits (les biens échangés sont semblables en qualité et en caractéristiques sur un même marché) ;
3. La transparence de l’information (gratuite et rapide, accessible à chaque agent)
4. La libre entrée et sortie sur le marché (aucune entrave tarifaire (protectionnisme) ou administrative (numerus clausus) n’interdit l’entrée à un offreur ou à un demandeur supplémentaire) ;
5. La libre circulation des facteurs de production (le capital et le travail) : la main-d’œuvre et les capitaux se dirigent spontanément vers les marchés où la demande est supérieure à l’offre.
Ce modèle est resté théorique, car jamais, nulle part, ces cinq conditions ne furent réunies, mais il demeure une référence toujours utilisée et qui peut servir de repère équilibrant.
Nous ne pouvons pas nous intéresser à toutes ces conditions, mais il me semble utile de souligner que l’atomicité est une des conditions les plus importantes avec la libre circulation, parce qu’elle garantit la liberté des acteurs, et particulièrement des "petits", de pouvoir s’installer et croître en fonction de leur intelligence, de leur travail et de leur gestion.
On n’empêchera pas un commerçant ou un inventeur d’atteindre une dimension hors normes, s’il en a l’envergure, mais il conviendrait d’éviter la constitution de monopoles qui sont une source d’entrave à la liberté d’entreprendre. Hors très souvent, ce sont les états qui ont constitué des monopoles ou qui les ont facilités en favorisant certaines entreprises par leurs commandes ou leur appui.
La plaie de ce monde est le gigantisme, les multiples tours de Babel qui jalonnent les paysages et les esprits humains. Certaines multinationales, certains groupes financiers et/ou industriels planétaires (ils forment d’ailleurs entre eux des holdings ou des conglomérats ayant leurs propres établissements financiers) exercent sur les états et la monnaie une influence telle que leur existence interdit toute réelle concurrence, mais aussi toute intervention régulatrice de l’état, le correctif apporté par J. M. Keynes qui le premier conçut que la monnaie pouvait devenir un produit comme les autres.
Ces énormes entités économiques privées sont devenues des rois noirs de l’économie corne et dent avec les rois noirs de la politique.
Pour autant, je crois qu’il reste bon espoir que la crise soit soluble dans le courage et la persévérance des petits. L’atomicité suppose deux qualités spirituelles: Le sens de la mesure et l’humilité. Ces qualités ne sont pas étrangères aux entrepreneurs et à l’économie de marché, car, contrairement à ce que l’on croit, pour les premiers théoriciens du libéralisme et de la concurrence pure et parfaite, la possibilité de s’enrichir était associée à la vertu et aux devoirs qu’elle impliquait.
Adam Smith (1723-1790), le fondateur de la science économique et le promoteur de la "main invisible" du marché (voir le commentaire 135C71 d’ Antoine B. d'Aquitaine), fut professeur de Philosophie Morale à l’Université de Glasgow, et son premier ouvrage (avant son célèbre "Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations") s’intitule "Théorie des sentiments moraux." Dans celui-ci, il affirme que l’individu partage les sentiments d'autrui par un mécanisme de sympathie naturelle. Cette capacité de comprendre l’autre en se mettant en quelque sorte à sa place, cette "empathie" avant l’heure, occupe une place centrale dans sa vision de l’homme.
Si les créateurs d’entreprise cultivent entre autres ces qualités associées au courage et à la patience, s’ils refusent de devenir comme leurs dominateurs et leurs spoliateurs et refusent de céder à la vengeance sans fin (Rév d’Arès 27/9), alors ils dureront et ils seront facteurs de "gestion compétente" et de progrès humain.
Les entreprises gigantesques s’écrouleront d’elles-mêmes au-delà de leur taille critique, comme les empires antiques ou les dinosaures. Resteront les autres entrepreneurs, petits et gros (mais pas obèses), s’ils gardent le goût de la liberté, du risque et de l’effort, faisant leur place à la mesure et à l’humanisme, et s’ils apprennent à gérer correctement leur création, ce qui, à la différence des très grosses entreprises souvent bien gérées, n’est pas assez le cas chez les créateurs.
Un roi noir pourtant a favorisé ce goût de l’initiative, c’est Nicolas Sarkozy avec la LME, la "loi de modernisation de l'économie", promulguée le 4 août 2008, qui institue le statut d’auto-entrepreneur. Celui-ci permet d’alléger les charges à la création d’entreprise et ne perdure que jusqu’à un stade modeste de croissance. Ce qui n’empêche pas de passer à un autre stade et à un autre statut, si les moyens de l’entreprise et le marché sont porteurs.
Dans ce domaine de la création, la France n’est pas mal placée du tout :
Selon l'Insee, "le nombre de créations d'entreprises a atteint un nouveau record historique en France en 2010, avec 622.039 entreprises créées, soit une hausse de 7,2% sur un an, grâce au régime de l'auto-entrepreneur… En effet, sur 458.380 entreprises individuelles créées, près de 360.000 l’ont été sous le seul statut de l'auto-entrepreneur. Plus d'une entreprise sur deux a donc été créée sous ce nouveau régime en 2010."
Du point de vue de la création d’entreprise, il y a de l’espoir. Il faut juste que la société des hommes aide ces créateurs à mieux se préparer et à mieux gérer. Selon le président du CJD, "les PME sont prêtes à faire valoir des propositions ambitieuses qui placent résolument l'économie au service de la vie."
Nous pouvons aider ce mouvement de création par une mission qui inspire aux créateurs de se spiritualiser... s’ils veulent bien nous écouter.
Desiderius Faber


Réponse de Michel potay :
Ce commentaire est le reflet de votre point de vue sur l'entreprise, point de vue optimiste, et je le publie parce qu'il est bien documenté.
Mais je ne partage personnellement ni votre point de vue, ni votre optimisme tant en souhaitant de tout mon cœur que j'aie tort et que vous ayez raison.
Vous parlez, en France, de 2.238.522 entreprises sans salariés, donc d'entreprises avec chacune le patron comme unique agent de création, de fabrication et commercialisation sur un total de 3 422 242 entreprises, et vous y voyez " de l’espoir" avec juste la nécessité "que la société des hommes aide ces créateurs à mieux se préparer et à mieux gérer", en bien !
Pour ma part, je vois tout au contraire dans ces 2.238.522 entreprises poindre une immense misère. J'y vois un déclin économique dont nous ne nous relèverons pas, si la disparition de celles qui restent de nos entreprises moyenns et grosses n'est pas non seulement stoppée, mais inversée par des créations de nouvelles moyennes et grosses entreprises.
Quand j'étais ingénieur, je calculais et construisait des colonnes à plateaux, des complexes d'échanges thermiques, des fours pour les raffineries de pétrole et de processus de chimie industrielle... Il n'y a plus en France aucun industrie métallurgique équivalente. Notre métallurgie et notre savoir-faire ont quasiment disparu. Actuellement, chaque nuit une demi-heure après ma prière de nuit, je lis "Sur la route du papier" d'Eric Orsenna et j'apprends que la France, pays de bois et donc de papier, ne construit plus de calandres ni aucun matériel de papèterie. Ce matériel vient maintenant d'Italie, d'Allemagne, de Pologne, etc. alors que, premier pays forestier d'Europe nous sommes de gros producteurs de papier et carton.
Arcelor-Mittal ferme ses aciéries en France. La production automobile française (PSA) entre en déclin, etc. Les grosses chaudières industrielles viennent pratiquement toutes de l'étranger, alors que nous étions des maîtres de forge en cette matière, etc. Nous sommes encore des maîtres en construction de Centrales Nucléaires, mais il est question qu'on n'en construise plus. Nous ne construisons plus aucune machine à imprimer, à feuilles ou rotatives, et nos grosses imprimeries (Lang, Desfossés néogravures, etc.) ont toutes disparu. Nous ne construisons plus d'ordinateurs, nos tissages ont quasiment disparu, etc. Ma fille Sara et son époux Manuels, tous deux ingénieurs, partent pour la Chine en janvier, parce qu'il n'y a plus de débouchés en France et Schneider Electric où ma fille Sara a passé dix ans est entièrement délocalisée aujourd'hui... un immense savoir-faire en matière de grosses puissances électriques parti en Asie.
J'abrège. Je pourrais remplir deux pages de tout ce qu'on a cessé de concevoir et construire en France, mon frère Desiderius.
Qu'est-ce que peuvent faire 2.238.522 entrepreneurs sans salariés, sinon du bricolage ou du tout petit artisanat ?
Vous avez vraiment de la France et de ses capacités industrielles une vision minuscule, misérabiliste. Nous allons devenir un pays du tiers-monde et à cause de qui et de quoi ? Des politiciens et de la politique de France, un véritable "cancer" oui, qui a tué notre industrie.
Pour l'heure tout semble encore marcher, mais si le déclin ne s'arrête pas maintenant, je verrai peut-être avant ma mort, si Dieu me donne encore un peu de vie, et je verrai avec douleur, mon pays sombrer dans une sorte de misère comme l'URSS l'a fait à la fin des années 80.

Je ne crus pas longtemps avec M; Sarkozy à une relance à grande échelle de l'industrie en France, parce qu'il s'avéra n'être qu'un politicien lui-aussi ménageant les syndicats et le patronat (la chèvre et le chou) et donc ne faisant pas grand chose de décisif, mais j'y crois moins encore avec M. Hollande. Certes M. Ayrault, le premier ministre, qui maintenant connaît les dossiers et qui commence à se réveiller la nuit en sueur en se murmurant: "Mais où allons-nous?", a dit pas plus tard qu'hier 30 octobre qu'il faudra peut-être abolir les 35 heures et remettre la France au travail, mais M. Sapin, Ministre, l'a aussitôt repris: L'idéologie et les sondages avant tout !
Restent, c'est vrai, la terre de France et sa production agro-alimentaire, dont vous ne parlez pas, et les 2.238.522 petits artisanats ou bricolages, dont vous parlez, mais je crois que cela ne nous permettra plus de vivre comme nous avons vécu et que la matérialime va montrer tôt ou tard son côté moche et décevant.
Aussi je ne crois pas comme vous que nous Pèlerins d'Arès devrons "aider ce mouvement de création [de toutes petites entreprises] par une mission qui inspire aux créateurs de se spiritualiser...", mais que nous aurons tout bonnement à spiritualiser ce monde pour qu'il surmonte ses déceptions matérialistes et change radicalement cette la société, en commençant par la France bien sûr.
Il n'y a qu'une solution, à mon avis, la spiritualisation pour assurer le bonheur, parce que celui-ci est relatif à l'idée qu'on s'en fait que qu'il faut que l'homme remplace la bonheur matériel par le bonheur spirituel.
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